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Suisse: un projet de révision partielle de la loi sur la chasse qui soulève de nombreuses inquiétudes

Le 5 juin dernier le Conseil des Etats (l'une des deux chambres du parlement , l'autre étant le Conseil National) de la Confédération a approuvé à une très large majorité le projet du Conseil fédéral relatif à la révision partielle de la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et des oiseaux sauvages (loi sur la chasse, LChP; RS 922.0). 

Le projet de révision est accessible sur le lien suivant : 

https://www.newsd.admin.ch/newsd/message/attachments/49360.pdf

Ce vote en faveur du projet de révision par le Conseil des Etats a suscité, à juste titre, de vives inquiétudes de la part des milieux environnementalistes et animalistes.

Les grands prédateurs, en tout premier lieu le loup, sont dans le viseur des chasseurs et des éleveurs depuis quelques années. 

De combien d'animaux parlons-nous ? Selon le conseiller aux Etats Robert Cramer (Verts/GE) l y aurait 45 loups, 2 ours et 200 lynx…

(cf. https://www.letemps.ch/suisse/conseil-etats-approuve-tir-loups-lynx-castors)

Selon l'article publié le 5 juin 2018 dans le quotidien helvétique Le Temps, " Le débat au Conseil des Etats a vu s’affronter deux visions de la Suisse de demain: celle, résolument urbaine, socialiste et écologiste, qui salue le retour des grands prédateurs et place la biodiversité au premier plan, et celle du bloc bourgeois et des cantons alpins, qui défendent la pratique de la chasse et privilégient avant tout les intérêts des éleveurs."

Stefan Engler qui est à la fois un homme politique et un chasseur est celui qui ,par sa motion,a porté le projet de révision de la loi.Etant chasseur il n'est pas surprenant qu'il se fasse le porte étendard d'une révision de la loi qui aille dans le sens souhaité par les chasseurs et les éleveurs.

Ce qui est regrettable c'est que, ainsi que le souligne le quotidien Le Temps  certaines associations militant en faveur de la biodiversité ont initialement soutenu le projet de révision pensant qu'elles pourraient y introduire des points qui leur seraient favorables...une erreur de stratégie qu'elles risquent de regretter longtemps.

La révision soumise au Parlement Helvétique consiste notamment :

- en un important transfert des compétences en faveur des cantons.

Art. 3, al. 1 et 2 

1 Les cantons réglementent et organisent la chasse conformément aux principes du développement durable et coordonnent entre eux la planification de la chasse si nécessaire. Ils tiennent compte des conditions locales ainsi que des exigences de l’agriculture, de la protection de la nature ainsi que de la protection et de la santé des animaux. La faune sauvage est régulée de sorte à permettre la gestion durable des forêts et la régénération naturelle par des essences adaptées à la station. 
2 Les cantons déterminent le régime et le territoire de chasse et pourvoient à une surveillance efficace. Ils délivrent les autorisations de chasser sur la base d’un examen de chasse, d’une preuve de la sûreté du tir, qui doit être présentée périodiquement, et d’autres exigences déterminées par le droit cantonal.



- à faciliter la régulation de certaines espèces protégées par une plus grande pression cynégétique. 

Art. 7a Régulation des espèces protégées 

1 Les cantons peuvent, après avoir entendu l’OFEV, prévoir la régulation des populations: 

a. de bouquetins : durant la période allant du 1er août au 30 novembre; 
b. de loups : durant la période allant du 16 septembre au 31 janvier; 
c. d’autres espèces protégées que le Conseil fédéral définit comme pouvant être régulées.  

2 Ces régulations ne doivent pas mettre en danger l’effectif de la population concernée et doivent être nécessaires pour: 
a.  protéger des biotopes ou conserver la diversité des espèces, ou 
b. prévenir des dégâts considérables ou un danger concret pour l’homme lorsqu’il apparaît que des mesures de protection raisonnables ne sont pas suffisantes


L'analyse:

La Fondation "Tier im Recht ou TIR ( L'Animal dans le Droit) s'est fortement mobilisée contre ce projet de révision et a envoyé un courrier (que TIR a bien voulu m'adresser) à tous les sénateurs avant le vote afin de les mobiliser et d'attirer leur attention sur les risques liés à ce projet.. 

Elle a, en particulier, critiqué "la régulation facilitée de certaines espèces protégées ainsi que l’écourtement de certaines périodes de protection et la pression cynégétique en résultat sur les animaux sauvages".

Selon TIR ," Le loup se trouve au centre de la discussion sur la régulation de certaines espèces. TIR n’est pas d’accord avec l’élargissement prévu des possibilités de réguler les futurs effectifs de loups dont les conséquences sont actuellement absolument imprévisibles. Les modifications projetées s’appliquent unilatéralement au loup en ignorant les mesures de prévention préconisées par la Convention de Berne et allant dans le sens de mesures plus douces, comme par exemple la protection des troupeaux et des mesures d’effarouchement et sensibilisation. L’introduction de la régulation des loups n’aboutirait pas non plus à une solution durable et elle serait inappropriée pour un évitement à long terme des dommages aux troupeaux. La prévention des dommages et la sécurité de la population pouvant aujourd’hui déjà être assurées par les tirs isolés ciblés, la régulation de l’espèce n’est donc pas nécessaire et elle n’est donc pas recevable. De plus, aucun comportement agressif des loups à l’encontre des humains n’a été constaté à ce jour. TIR critique tout particulièrement la possibilité d’écourter la période de régulation des 3 mois proposés par le Conseil fédéral à 7 mois. Enfin, elle critique l’abolition de la protection du lynx et du castor."   

En cherchant à assouplir la réglementation à l'égard des grands prédateurs, le législateur ne présente pas une solution durable pour la cohabitation des hommes et des grands prédateurs.

Selon TIR, "le fait de tirer les fauves dès qu’ils font preuve d’un comportement typiques aux fauves n’augmentera pas leur acceptation au sein de la population. Bien au contraire, cela permet de conforter l’idée déjà bien ancrée que les fauves n’ont pas leur place en Suisse. Or, la tâche du Conseil fédéral devrait plutôt consister à encourager la compréhension pour ces grands prédateurs en sensibilisant et en informant mieux et plus la population sur le comportement inhérent à ces animaux et ce également afin d’éviter les conflits éventuels. "


S'agissant de la délégation de  compétence aux cantons celle-ci crée une insécurité juridique et une inégalité entre cantons.
Les cantons pourraient désormais écourter temporairement les périodes de protection ou prendre de manière indépendante des mesures destinées à réguler certaines espèces…et l’autorisation de l’office fédéral de l’environnement (OFEV) ne serait plus nécessaire (Une simple audition préalable de l’office fédéral suffirait). 

TIR estime que "La protection des animaux et des espèces sont des tâches qui relèvent de la Confédération. Et si on accorde aux cantons de larges compétences et d’importantes marges de manœuvre, la Confédération ne sera plus en mesure d’assurer ses tâches en matière de protection".
 
Malgré ces "mauvaises nouvelles", le projet de révision contient néanmoins quelques points positifs:

- l’exigence d’une attestation selon laquelle les personnes doivent avoir les capacités générales requises pour chasser (art. 3 al. 2 LChP) 
- la nouvelle obligation consistant à rechercher ou faire rechercher les animaux tirés qui ne sont pas tombés sur place (art. 8 al. 1 LChP).
- l’harmonisation et la standardisation des contenus de l’examen de chasse qui devrait contenir le thème "protection des animaux" (art. 4 LChP).

 Désormais quelle est la suite de ce projet de révision ? 

Le projet sera soumis à la chambre basse (Le Conseil National) du Parlement à la rentrée et peut-être (c'est une menace agitée par les milieux environnementalistes et animalistes) à un réferundum (il faut pour qu'un réferundum "facultatif" puisse se tenir 50'000 signatures réunies en 100 jours). 

Rien n'est encore perdu mais le combat sera âpre ! A suivre.

On voit, à la lumière de ce projet de révision,que la cohabitation entre l'Homme et les grands prédateurs et plus largement avec la vie sauvage est compliquée, que ce soit en France (où elle l'est particulièrement) mais aussi dans des pays plus "civilisés" en terme d'acceptation de la biodiversité comme la Suisse. 

On voit aussi que les lobbys de la chasse et de l'élevage sont puissants  partout et que lorsque des progrès sont faits en matière de protection des espèces il ne faut jamais baisser la garde et considérer ces derniers comme définitivement acquis !




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USA : Le Centre pour la diversité biologique lance une procédure judiciaire à l’encontre de l’administration Trump

Le « Center for Biological Diversity  » a notifié hier son intention d’engager une procédure à l’encontre de l’administration Trump pour avoir manqué à son obligation de protéger l’habitat des orques au large de la Californie,de l’Oregon et de l'état de Washington. Southern Resident killer whales.

Le Centre avait obtenu en 2014 le statut d’habitat protégé au niveau fédéral en faveur de ces animaux mais,hélas,l’administration fédérale n’a pas fait le nécessaire pour mettre en place les protections requises par l’ Endangered Species Act ( La loi fédérale sur les espèces en danger).
Ces orques sont en danger car elles meurent de faim en raison du manque de saumon qui constitue leur nourriture favorite.
Elles sont également mises en danger par la pollution pétrolière, la pollution de l’eau,des nuisances sonores provoquées par les navires,etc.
Le dossier est accessible (en anglais uniquement)sur le lien ci-après:

Lawsuit Launched to Protect Endangered Orcas' West Coast Habitat: Center for Biological Diversity: Trump Administration Stalls Protections as Southern Resident Killer Whale Population Drops to 76
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Luxembourg: mise en ligne de la plateforme d'information sur la loi sur la protection des animaux votée à l'unanimité le 6 juin 2018

Découvrez la plateforme mise en place par le gouvernement luxembourgeois à la suite de l'adoption hier après-midi de la loi sur la protection des animaux dont je vous ai informé par mes billets de hier et de lundi.

Rappel de l'importance et des apports de la loi  indiqué par le gouvernement sur son site :

La « loi ayant pour objet d’assurer la dignité, la protection de la vie, la sécurité et le bien-être des animaux » a été votée unanimement le 6 juin à la Chambre des Députés. Il s’agit d’un nouveau cadre juridique s’appliquant à tous les animaux sur le territoire du Luxembourg. Il fournit un large éventail de dispositions et prévoit un système de contrôle et de sanctions des plus détaillés et dissuasifs.

Les principales nouveautés de la loi :

  • La définition de l’animal comme “être vivant non humain doué de sensibilité (…)”
  • Le rajout de la notion de dignité et de sécurité de l’animal
  • Les listes positives des animaux dont la détention est permise
  • Les autorisations, les agréments et les notifications pour un meilleur contrôle
  • Des contrôles et sanctions plus efficaces

www.deiereschutzgesetz.lu


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Luxembourg: le projet de loi sur la protection animale adopé à l’unanimité !

La chambre des députés du Grand-Duché du Luxembourg a adopté cet après-midi à l'unanimité de ses membres(60 députés qui ont acquiescé au projet ! ) le projet de loi sur la protection animale présenté dans mon billet publié lundi 4 juin.
C’est un formidable succès qui permet au Luxembourg de se hisser parmi les états de l’UE et du monde les plus progressistes en la matière.
Bravo à ce petit pays et au courage politique de ses députés.
Nous aimerions avoir autant de chance en France....

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Le Luxembourg renforce les droits des animaux !

Les députés du Grand-Duché du Luxembourg vont ce mercredi 6 juin entériner,à l'unanimité a priori, une loi (projet de loi déposé le 24 mai 2016) en faveur d'un renforcement des droits des animaux appelée initialement "Projet de loi ayant pour objet d'assurer la dignité, la protection de la vie, la sécurité et le bien-être des animaux" dont l'intitulé a été modifié le 21 décembre 2017 pour devenir plus simplement "Projet de loi sur la protection des animaux".
En 2014 deux pétitions réunissant environ 11000 personnes (sur une population totale du pays de 600 000 habitants) demandaient une amélioration des droits des animaux.
Cela deviendra réalité ce mercredi 6 juin.

Les points principaux du texte:

- L'animal ne sera plus dorénavant considéré comme une chose ou un bien meuble mais comme un

" être vivant non humain doué de sensibilité en ce qu’il est doté d’un système nerveux le rendant scientifiquement apte à ressentir la douleur et à éprouver d’autres émotions".

- Le Bien-être animal est quant à lui défini comme un "état de confort et d’équilibre physiologique et psychologique d’un animal".

Les obligations du détenteur d'un animal sont précisées à l'article 4  Généralités.

Toute personne qui détient un animal, qui en a la garde ou qui en prend soin est tenue:

1. de donner à l’animal l’alimentation, l’abreuvage et les soins appropriés à son espèce et de lui fournir un logement adapté à ses besoins physiologiques, éthologiques et écologiques;
2. d’éviter de restreindre les besoins naturels d’exercice et de mouvement d’un animal de façon à ce qu’il en résulte pour lui des douleurs, des souffrances, des angoisses, des dommages ou des lésions; 3. d’assurer que l’éclairage, la température, le degré d’humidité, la ventilation, la circulation d’air et les autres conditions ambiantes du logement des animaux sont conformes aux besoins physiologiques et éthologiques de l’espèce;
4. de soigner convenablement un animal malade ou blessé;
5. de ne pas pratiquer des actes quelconques qui causent des douleurs, des souffrances, des angoisses, des dommages ou des lésions à l’animal;
6. de ne pas maltraiter un animal ou d’exercer une cruauté active ou passive envers un animal;
7. de ne pas mettre à mort de façon cruelle un animal.


- En ce qui concerne l'abattage, le Chapitre 6 –Art. 9.stipule que " L’abattage ou la mise à mort d’un animal ne peut être effectué qu’après étourdissement. Lors de l’abattage ou de la mise à mort d’un animal, toute douleur, détresse ou souffrance inutile doit être évitée".

- L'article 12 vise un grand nombre de pratiques qui sont interdites dont notamment :

( point 6) de gaver un animal ou de le nourrir de force à moins que son état de santé n’exige cette mesure;
( point 7) de fournir sciemment à un animal une nourriture qui lui cause manifestement des douleurs ou des dommages considérables, ainsi que de lui administrer des substances destinées à stimuler ses capacités physiques en vue de compétitions sportives;
(point 8) de pratiquer la chasse à courre;
(point 12) d’élever pour abattre un animal en vue de l’utilisation principale de la peau, de la fourrure, des plumes ou de la laine;
(point 13) d’éliminer des poussins pour des raisons économiques;
(point 14) de vendre ou de céder à titre onéreux ou gratuit des chiens ou des chats dans les établissements commerciaux, sur les marchés et sur la voie publique.

Pour ce qui concerne les délits, l'article 17-2 prévoit une peine d’emprisonnement de huit jours à trois ans et d’une amende de 251 euros à 200.000 euros ou d’une de ces peines seulement:

– Toute personne qui contrevient aux dispositions prévues à l’article 4 paragraphe (1) point 6 en maltraitant un animal, ou en exerçant une cruauté active ou passive envers un animal.
– Toute personne qui contrevient aux dispositions prévues à l’article 4 paragraphe (1) point 7 en mettant à mort de façon cruelle un animal.
– Toute personne qui contrevient aux dispositions prévues à l’article 7 en élevant des animaux génétiquement modifiés par sélection artificielle.
– Toute personne qui contrevient aux dispositions prévues à l’article 8 paragraphe (1) en ne garantissant pas, pendant toute la durée d’un transport d’animaux, la dignité, la protection de la vie, la sécurité et le bien-être des animaux.
– Toute personne qui contrevient aux dispositions prévues à l’article 9 en abattant ou en mettant à mort un animal sans procéder préalablement à son étourdissement.
– Toute personne qui contrevient aux dispositions prévues à l’article 10 en pratiquant des interventions douloureuses sur les animaux sans effectuer préalablement une anesthésie.
– Toute personne qui contrevient aux dispositions prévues à l’article 11 en commettant des amputations interdites.
– Toute personne qui contrevient à l’article 12 points 2 à 14 en exerçant des pratiques interdites envers les animaux.
– Toute personne qui contrevient aux dispositions prévues à l’article 13 paragraphe (1) en se livrant à des expériences sur des animaux qui peuvent causer aux animaux des douleurs, des maux, des dommages, des états d’anxiété, des perturbations de leur état général alors que le but visé aurait pu être atteint d’une autre manière.
– Toute personne qui tient des animaux malgré l’interdiction judiciaire de tenir des animaux.


Pour finir,quelques propos que l'on retrouve dans l'exposé des motifs :

pages 13/14 :

" L’opinion publique accorde une grande importance au respect du bien-être animal tel que l’Eurobaromètre bien-être animal, publié en mars 2016, le montre:
– 82% des répondants considèrent que les animaux d’élevage doivent être mieux protégés qu’actuellement;
– 74% des répondants considèrent que les animaux de compagnie méritent un meilleur respect du bien-être animal.
Au niveau national cette tendance se confirme puisqu’en 2015, 2 pétitions ayant eu comme sujet le bien-être animal, publiées sur le site de la Chambre des Députés, ont eu le nombre de signatures nécessaires au lancement d’un débat entre les pétitionnaires et les députés de plusieurs Commissions parlementaires."

Parfois un peu d'humour (volontaire ?) :

page 14: "En ce qui concerne les équidés, ils sont à cheval sur la catégorie des animaux de compagnie et celle des animaux de ferme"


page 15:

" Souvent la cruauté de l’acte d’abattage est l’argument principal des consommateurs pratiquant le végétarisme de s’être détourné de la consommation de la viande."


Voila le Luxembourg doté, encore cette semaine, d'une loi complète , plutôt progressiste même si elle est encore très "welfariste" ,encore très orientée vers l'utilisation des animaux et parfois un peu naïve dans ses propos .




Sources:

1) article publié par le journal "L'essentiel":


http://www.lessentiel.lu/fr/luxembourg/story/30793915?redirect=mobi&nocache=0.8400296954920776

2) Site de la Chambre des députés et intégralité du dossier: 

législatif:https://www.chd.lu/wps/portal/public/Accueil/TravailALaChambre/Recherche/RoleDesAffaires?action=doDocpaDetails&id=6994&backto=p0/IZ7_KHCC1240N8KQ10AN3G1BK33081
=CZ6_D2DVRI420886F0IGS4F64K08L5=M/#Z7_KHCC1240N8KQ10AN3G1BK33081

3) texte du projet de loi:

https://www.chd.lu/wps/PA_RoleDesAffaires/FTSByteServingServletImpl?path=3E920C81EC711C3D0B1B80A14047E90FDECA0ABCED8FF85EFE223B033C9CC80EB012
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Bien-être animal en France ou la realpolitik d'Emmanuel Macron

Au lendemain des débats à l'Assemblée Nationale le 27 mai dernier dans le cadre de l'examen du projet de loi EGalim , de nombreux animalistes et "amis" des animaux se sont réveillés avec la gueule de bois. 

Les réseaux sociaux se sont soudainement et instantanément transformés en exutoire pour de nombreux internautes: des centaines de tweets rageurs, de "posts" incendiaires, de "billets"au langage plus ou moins maitrisé ont été publiés contre Emmanuel Macron, son ministre de l'agriculture et plus encore contre les députés de sa majorité. Tous des "salauds", des "vendus",des "bourreaux",etc.

Certes la déception voire la colère sont justifiées. Mais la colère n'est guère bonne conseillère en la matière.

En effet, depuis l'accession au pouvoir d'Emmanuel Macron en mai 2017, nous n'avons pas eu l'occasion de nous  réjouir d'une quelconque avancée au plan du bien-être animal: opération "séduction" en faveur des chasseurs (permis au coût bradé, soutien à la chasse à courre, réintroduction des chasses présidentielles) , rejet de tous les amendements améliorant le bien-être animal dans l'agriculture et dans les abattoirs (Loi EGalim) , plan loup décevant qui ne satisfait ni les éleveurs ni les protecteurs de la nature, annulation de l'arrêté "cétacés" par le Conseil d'état et nouvel arrêté qui peine à sortir et qui, en tout état de cause, constituera un recul par rapport aux dispositions de celui annulé)….bref, il n'y a vraiment pas matière à se gausser de l'avancée de la cause animale en France alors que 2015 avait créé un formidable espoir avec la reconnaissance de la sensibilité animale dans le code civil.

La France se fait désormais "damer" le pion par la province de Wallonie en Belgique qui a été particulièrement audacieuse très récemment avec un code du bien-être animal qui constitue une réelle avancée.

Alors qui est responsable de cette situation et le retour à un certain "archaïsme" en France ?

Il est trop facile de pointer le doigt sur le président, son gouvernement et sa majorité. 

Certes, ils sont,dans les faits, les promoteurs et auteurs de cette situation mais avec la complicité passive de nous tous.

Il n'aura échappé à personne qu'il n'y a plus, en France, ni opposition politique crédible, ni capacité de mobilisation des citoyens. 

Cela affecte non seulement la cause animale mais plus largement toutes les causes sociétales (droit du travail, retraites, droits des chômeurs, handicapés, sécurité alimentaire, soins, etc.).

Aucune cause, même celles qui a priori devraient toucher davantage les citoyens, ne mobilise actuellement . Les cortèges de manifestants sont clairsemés.

En fait, nous avons perdu en France toute capacité d'indignation et de mobilisation (nous sommes loin de réunir 40'000 manifestants comme en Espagne il y a quelques jours contre la corrida !) . 

Nous préférons désormais confortablement  installés dans nos canapés partager des articles, des tweets et mettre des "like" à des posts sur Facebook  et signer des pétitions .

C'est bien mais cela ne modifiera aucunement les équilibres (ou plutôt le déséquilibre entre les lobbys et les partisans de la cause animale)..;et surtout cela n'est pas de nature à motiver le pouvoir à en tenir compte.

85 % des citoyens sont(selon un sondage) "pour" l'installation des caméras dans les abattoirs. 
Super ! so what ? 

Le 27 mars dernier l'assemblée nationale a voté contre...et alors quelle réaction dans le public ? est-ce que les 85 % de citoyens sondés sont allé dans la rue pour manifester ? non. Seule réaction : des centaines de tweets pour traiter les politiques de lâches, de vendus, de bourreaux etc.

Emmanuel Macron est un homme politique intelligent, pragmatique et fin tacticien. 

Il sait très bien qui peut servir son dessein présidentiel et asseoir son pouvoir; Il fait des cadeaux aux chasseurs non pas parce qu'il aime les chasseurs et déteste les animaux mais parce qu'ils ont un poids économique et électoral; ce sont des électeurs potentiels majoritairement tentés ou sensibles actuellement au discours du Front National  (Env.40% du vote chasseur selon le président de la FNC Willy Schraen).

Il est naïf de penser que les femmes et hommes politiques sont sensibles à une cause pour des raisons éthiques.

Ils ne se mobilisent pour une cause que s'ils perçoivent que cette cause est largement soutenue par les citoyens. Or, qu'on veuille l'admettre ou non, la cause animale est loin de fédérer une part importante de la population. 

Il n'est dès lors pas étonnant qu'Emmanuel Macron, son gouvernement et ses députés privilégient les intérêts de ceux qui peuvent contribuer au maintien en place de la majorité et au succès de ses projets. 

C'est ce que l'on appelle la realpolitik.

Outre les citoyens peu mobilisés par la cause animale (au moins au niveau de l'action), l'atomisation du mouvement animaliste et plus largement  de la protection animale n'aide aucunement à ce que la cause animale progresse et puisse constituer un réel contre-pouvoir face aux lobbys. 

Des "agendas" différents, des egos à soigner, des adhérents à séduire, aucun leader qui puisse porter la cause au devant de la scène médiatique.

En fait ,et il faut le regretter,le mouvement animaliste vit très majoritairement en vase clos. 

On  cultive un certain "entre-soi", on fréquente les mêmes soirées, les mêmes salons, conférences et colloques. Une sorte de communautarisme qui a des aspects "sympa"(dont les membres sont considérés largement- à tort certes- comme des bobos) mais dont les membres, malheureusement, n'ouvrent  pas suffisamment leurs  bras et leur esprit à un public plus large pour qu'ils les rejoignent dans la défense des intérêts des animaux. En somme, tu n'es pas végane ou pas au moins végétarien et tu n'es pas un ami des animaux...discours trop réducteur en fait.

Cela fait des années que je fréquente et que j'interviens dans des colloques et conférences que ce soit en France ou à l'étranger ; j'y rencontre souvent les mêmes personnes tant du côté des intervenants que des participants. C'est dommage et cela montre à quel point ce cercle est petit et relativement fermé. Peu ou trop peu de nouvelle "têtes".

Le mouvement ne parviens pas à attirer un nombre significatif de nouveaux sympathisants et encore moins une part importante de la population. C'est un constat.

Il y a davantage (au moins deux fois plus; 2 millions contre 1 million) de végétariens et véganes que de chasseurs… et pourtant, qui est plus efficace et pourquoi ? d'un côté ,unité des chasseurs, poids économique plus facile à déterminer et ils ont l'oreille des politiques car ils représentent un poids électoral très courtisé. 

De l'autre côté, des amis des animaux trop disséminés, sans leader, sans programme clair et partagé, bref rien qui puisse constituer un contre-pouvoir face aux lobbys et jouer un rôle significatif lors des élections. 

Bien sûr, nous avons vu l'émergence du parti animaliste (qui a fait un "bon" score lors des dernières élections législatives), la publication de dizaines d'ouvrages sur les animaux et des ouvrages de droit animalier (3 en deux ans !) et surtout le très remarqué code de l'animal du Prof. Marguénaud en mars dernier. Bien sûr L214 a fait un travail formidable en révélant des vidéos choquantes sur les traitements inacceptables des animaux dans certains abattoirs qui ont ébranlé les citoyens et fragilisé la filière. 
Bien sûr 269Libération animale a lancé des actions très médiatisées de résistance citoyenne pacifique au sein des abattoirs au prix de plusieurs procédures pénales qui exposent ses leaders à des condamnations privatives de liberté dans la quasi-indifférence. 

Toutes ces actions sont encourageantes mais insuffisantes pour gagner à la cause une part significative des citoyens et ainsi inverser le cours de la politique mise en œuvre.

La cause animale ne parviendra à ses fins que si elle est en capacité  d'élargir la portée de ses actions, à séduire une part significative de la population en s'unifiant, en parlant d'une seule et forte voix , en ayant un véritable leader, en adoptant une stratégie efficace, en ayant un vrai projet réaliste et en lançant des actions de terrain notamment au plan éducatif.

Ce billet ne se veut pas pessimiste mais réaliste. Il ne doit pas démoraliser mais au contraire remobiliser les acteurs de ce combat pour un avenir meilleur pour nos cousins à poil, à plume, à écailles.

Animalement vôtre,




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Slovaquie: l'animal n'est plus une chose mais devient une créature vivante

La Slovaquie,petite république d'Europe centrale fait, à son tour,évoluer sa législation sur les animaux.
A compter de septembre 2018, les animaux seront considérés comme des "créatures vivantes" et non plus comme des choses.
Ce changement adopté par le parlement slovaque le 26 mai 2018 résulte de la modification de la loi relative à l'exercice de soins vétérinaires.
"Il s'agit d'un pas historique vers l'amélioration du statut des animaux dans notre pays" a déclaré la ministre slovaque de l'agriculture et du développement rural Gabriela Matečná .
Selon la nouvelle définition des animaux, dans le code civil, ces derniers bénéficieront d'un statut spécial en leur qualité de créatures vivantes capables de percevoir le monde avec leurs propres sens . Les dispositions relatives aux biens meubles s'appliqueront aux animaux sauf si cela venait à contredire la nature de l'animal en tant que créature vivante.
Les inspecteurs vétérinaires auront le droit de pénétrer sur un terrain sans que cela requiert la présence de la police dès qu'il y a suspicion de maltraitance animale. Ils seront autorisés à saisir les animaux si ces derniers sont maltraités par leurs propriétaires.

Source: 

https://spectator.sme.sk/c/20836675/animals-get-the-status-of-living-creatures-in-slovakia.html

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